Par Vincent Basset, anthropologue à l'Université de Perpignan.
Ce projet propose une étude comparative et dialectique entre le chamanisme traditionnel Wixarica au Mexique et ses formes contemporaines, à travers le phénomène du néochamanisme pratiqué aussi bien dans un cadre autochtone que dans un contexte urbain par des populations occidentales.
L'auteur propose de partir sur les traces du cerf bleu, à la fois animal mythique et esprit de la plante du peyotl selon la tradition amérindienne Wixarica, qui apparaît aux chamans lors de leurs pèlerinages dans la réserve naturelle sacrée de Wirikuta dans l'Etat de San Luis Potosi au Mexique.
Cette réserve, lieu de pèlerinage ancestral de la communauté amérindienne Wixarica au cours duquel ces indigènes se rendent annuellement afin d'y collecter le peyotl, cactus aux propriétés psychoactives, et d'y réaliser des rituels chamaniques, est aussi le théâtre depuis un vingtaine d'années d'un tourisme mystico-spirituel de la part de populations étrangères. Suite aux ouvrages de C. Castaneda, et autres exégètes diffusant des ouvrages pseudo anthropologiques aux tendances sensationnalistes et distortionnées des faits rapportés, de nombreux américains, européens se sont lancés dans la quête du chamanisme et la consommation rituelle de plantes psychoactives afin de trouver des réponses à des questions existentielles, d'obtenir une guérison physique ou morale, ou encore d'accumuler du pouvoir personnel dans le but de devenir soi-même chaman.