Le Musée national du Palais (gugong) a été créé à Pékin en 1925. Après 1949, ses collections ont été dispersées entre deux institutions distinctes, l’une à Taipei et l’autre à Pékin. Instrumentalisé par Chiang Kai-shek pour légitimer la prétention de la République de Chine à représenter l’ensemble de la nation chinoise, le gugong est devenu un objet politique contesté au fur et à mesure que s’est affirmé une identité taiwanaise. De son côté, si officiellement Pékin revendique toujours sa propriété sur les pièces apportées à Taiwan en 1949, dans la pratique, le sujet est laissé de côté pour éviter d’attiser les revendications indépendantistes. La Chine et Taiwan ont aujourd’hui des projets politiques divergents, et à des degrés variables selon les gouvernements KMT ou DPP. Le gugong esquisse toutefois une identité culturelle plus ou moins partagée, notamment pour sa puissance évocatrice et imaginaire de la mémoire de l’époque impériale chinoise. On s’interrogera sur la situation paradoxale de cette institution, entre fascination ou rejet symbolique, et instrumentalisation par différentes options politiques.
Tsai-yun CHAN a soutenu en 2012 une thèse de doctorat à Sciences Po Paris sur le Musée national du Palais (sous la direction de Françoise Mengin). Elle est actuellement chargée de cours à l’Université nationale des arts de Taiwan.
Le séminaire sera animé par Paola Calanca, directrice du Centre de Taipei de l’EFEO, et Paul Jobin, directeur du CEFC Taipei.
Lieu : Salle B202, Research Center For Humanities and Social Science, Academia Sinica